13/09/2016

VIDEO : Kaneda's June 14

Voilà un petit montage réalisé grâce à l'excellent travail de Medhi Adraa, auteur des images et d'un montage original que vous pouvez retrouver ici.
Pour la musique c'est Kaneda's Theme de la bande son du film Akira.
Et dans l'idée, c'est autant un thème pour le cortège de tête, qu'une musique cérémonielle pour les affrontements symboliques qui animent la France aujourd'hui comme tant d'autres régions hier.
Et demain est dans la rue.
Bonne rentrée.



01/09/2016

Commentaire autour de l'insurrectionalisme

Non, ça n'est pas de moi, je ne me permettrais pas. Je viens de retrouver cet extrait perdu dans mes bookmarks, à quelques jours de la reprise des hostilités contre une loi "Travail" désormais adoptée. 

Donc. C'est une critique issu du courant de la communisation (Des Nouvelles Du Front), à l'encontre des insurrectionalistes (Lundi Matin). C'est le genre de truc qui m'énerve en général. J'ai l'impression d'assister à une énième baston de chapelles. Mais la critique est fondée. Et même si j'ai beaucoup d'affinités avec "les amis de Julien Coupat", je pense qu'ils ne seront jamais assez nombreux et ce texte explique en partie pourquoi. 

Pour le reste, c'est important d'apprendre de nos différences. Mais le texte est de 2011. J'espère que ces gens se sont parlé entre temps. Parce qu'on va avoir besoin de tout ce qui se trouve à gauche des partis, hors de l'échiquier, prêt à renverser la table. Et puis l'idée c'est de pour une fois faire une révolution un peu chacun comme on veut et pas comme la Bourgeoisie, nan? 

Un homme qui avait passé sa vie à construire une cité utopique m'a dit : 


"Il faut admettre que l'on ne sait pas comment _ _ _ _ _ _ _ _ _ va se faire. Tant qu'on croit qu'on sait, on est dans la cacophonie parce que chacun sait d'une manière différente. C'est important de se dire, on ne sait pas, alors on va chercher ensemble, on va explorer ensemble."
(Serendipity) 

Commentaire sur l'insurrectionalisme

"C’est dans cette dynamique que nous sommes tous et toutes embarqués. Dynamique qui produit à l’intérieur des luttes un écart entre le fait d’agir comme classe et le fait que cette « agir comme classe » reproduit les conditions présentes de l’exploitation. Mais pour les insurrectionalistes, cette dynamique exprime quelque chose de plus que la simple réalité actuelle de la lutte des classes. Le problème apparait quand cette dynamique s’autonomise du cours quotidien de la lutte et devient un mode d’emploi général détaché de toutes circonstances particulières, autrement dit la pratique insurrectionaliste se prend elle-même pour la dynamique de ce cycle de luttes au lieu d’en être une simple expression parmi d’autres. C’est finalement en raison de cette substitution que les insurrectionalistes sont en mesure de produire leur propre activité, celui où « un groupe de gens partage une maison et de plus publie des textes contre le système » et en parle comme si « cela serait la communisation en actes », ou encore la révolution immédiate dans laquelle la dynamique de ce cycle de lutte – le fait d’agir comme classe pour défendre sa reproduction et en même temps d’être contraint de remettre en cause et donc d’agir contre sa reproduction de classe – devient une alternative entre deux pratiques concurrentes : celle qui accepte et celle qui refuse la société comme contrainte. C’est donc à partir du choix de refuser la contrainte de se reproduire comme classe dans la société capitaliste que le courant insurrectionaliste exprime le contenu du cycle de lutte actuel mais sous une forme idéologique qui leur permettre d’exister comme groupe distinct du reste de la classe et se référant à sa propre pratique pour définir la révolution."

"Amer Simpson"

Le texte complet est , perso je l'ai trouvé ici.

29/08/2016

MUSIC : Bigger slump and bigger wars and a smaller recovery

Je connais ce morceau depuis 1997 et la cassette de skate 411vm issue 20, le Profile de Marc Johnson pour être précis. Morceau forcement téléchargé deux ans plus tard via Napster. Mais c'est donc presque 20 ans plus tard que j'écoute enfin les paroles avec attention pour me rendre compte de leur haut degrés de subversion.

#Mieux vaut tard que jamais.
#J'aime me garder des surprise.



Stereolab - Ping Pong (1994)

It's alright 'cos the historical pattern has shown
how the economical cycle tends to revolve
in a round of decades three stages stand out in a loop
a slump and war then peel back to square one and back for more

bigger slump and bigger wars and a smaller recovery
huger slump and greater wars and a shallower recovery

you see the recovery always comes 'round again
there's nothing to worry for things will look after themselves
it's alright recovery always comes 'round again
there's nothing to worry if things can only get better

there's only millions that lose their jobs and homes and sometimes accents
there's only millions that die in their bloody wars, it's alright

it's only their lives and the lives of their next of kin that they are losing
it's only their lives and the lives of their next of kin that they are losing

it's alright 'cos the historical pattern has shown
how the economical cycle tends to revolve
in a round of decades three stages stand out in a loop
a slump and war then peel back to square one and back for more

bigger slump and bigger wars and a smaller recovery
huger slump and greater wars and a shallower recovery

don't worry be happy things will get better naturally
don't worry shut up sit down go with it and be happy

dum, dum, dum, de dum dum, de duh de duh de dum dum dum... ah ah
dum, dum, dum, de dum dum, de duh de duh de dum dum dum... ah ah


26/08/2016

DOCU : ZERO DAYS

Le documentaire Zero Days d'Alex Gibney est un véritable thriller au coeur de la cyber guerre. Pour la première fois, le film raconte toute l'histoire de Stuxnet, un malware ultra-puissant diffusé par les Etats-Unis et Israël pour détruire des composants clés des sites nucléaires iraniens, mais qui finit par s'étendre bien au-delà de sa cible initiale. Zero Days est à ce jour le récit le plus complet d'une mission clandestine développée par deux alliés aux agendas contradictoires, et de la manière dont des conflits internes ont fini par ouvrir à jamais la boîte de Pandore de la cyber guerre. Bien plus que les aspects techniques de l'affaire, le documentaire révèle une toile de fond pleine d'intrigues impliquant la CIA, le US Military's new cyber command, le Mossad, et des opérations qui incluent tant l'espionnage que des assassinats ciblés, et surtout une nouvelle génération d'armes informatiques dont la puissance destructrice n'est égalée que par une guerre nucléaire.

Source : Zero Days



25/08/2016

John Searle, Foucault et l'Obscurantisme de la Philo française

Dans cet extrait, Searle revient sur une discussion avec Foucault dans laquelle il critiquait la qualité et la clarté de son écriture, ce à quoi le philosophe français lui répondait, et je paraphrase légèrement : "J'suis obligé d'être au minimum 10% obscure sinon on ne me prend pas au sérieux." Plus tard, Bourdieu lui dira que la situation est bien pire que cela, lui assurant que l'obscurité nécessaire pour être considéré en France se situait plutôt autour des 20%.  

QUELQU'UN PEUT EN PARLER A LORDON ET AUX "AMIS DE JULIEN COUPAT" ?

Source : OpenCulture




07/08/2016

"We didn’t think we were going to win”

Cet article de Buzzfeed (#cliquez-ici) reprend des pans entiers de la vie de Donald J. Trump et les met en perspective après sa récente victoire à l'investiture républicaine. Lisez le. 

Pour les flemmards, je vous fais une version condensée pour arriver aux dernières informations sur ses soi disant "coups de génie" électoraux. 

Précédemment dans Les aventures de Donald  :

Jeune ado bien loti entre Brooklyn et le Queens, Donald convoite déjà l'autre rive de l'East River. Fraichement débarqué à l'université de Pennsylvanie pour y étudier à la Wharton School of Finance, une prestigieuse école de commerce, il affirme déjà vouloir devenir le roi de l'immobilier sur l'île légendaire, le joyaux de New York, Manhattan. Ce qu'il essaie de faire dès l'obtention de son diplôme, contre l'avis de son père. 

Seulement l'île est squattée par des financiers issues d'un milieu bien plus aisé que le sien voyant d'un mauvais oeil ce beauf se lancer à la conquête de leur habitat naturel. Dans les hautes sphères, financières et politiques, personne ne respect Donald, mais en faisant du bruit et en envoyant lui même aux médias des informations croustillantes sur sa vie sexuelle, Donald parvient à être connu, ce qui en soi est déjà pas mal. 


Pauvre Donald qui essaie 
malgré tout de parler politique et de maintenir le suspens sur une possible carrière tantôt chez les républicains, tantôt chez les démocrates, tantôt pour être maire, tantôt aspirant gouverneur. Il pissait en fait dans un violon. La presse people lui réussissait bien mieux. Il est d'ailleurs déjà à cette époque la tête de turc des satires américains, particulièrement de magazine Spy.

Puis arrive Obama et son histoire familiale alambiquée. Donald veut voir son certificat de naissance, mais Barack fait durer le suspens, assez pour que Donald se ridiculise encore d'avantage aux yeux de la classe politique, mais pas des américains les plus tarés... Il avait été jusqu'à commander des sondages à une grande maison spécialisée dans l'électorat de droite, dans l'Iowa et dans le New Hampshire. Donald voulait savoir s'il avait ses chances au vu de la déferlante du Tea Party qui semblait arriver à son apogée. Pas du tout. Mais cela avait fini par se savoir et faire rire, et du même coup, l'avait contraint à faire semblant d'être en lice, pour garder la face.


Cette sombre histoire de certif. aura un épilogue presque sanglant le 27 avril 2011 quand Donald pénétra, avec la fière allure qu'on lui connait et son mannequin de femme sous le bras, aux White House Correspondents' Dinner. Le président des Etats-Unis avait ouvert les hostilités, suivi par Seth Meyers. Donald s'était fait clashé, à répétition, tout entier, sous les fous rires et les applaudissements. Ses business, ses goûts, ses cheveux, ses aspirations, son intelligence, tout avait été ridiculisé.     


Quelques semaines plus tard Donald jetait l'éponge. Mais sa présence dans les médias ne diminuait pas pour autant. Il restait un commentateur sollicité de l'actualité, Fox News oblige. Au point que les candidats républicains durent plus ou moins passer dans son bureau pour s'y faire adouber. Aucun n'avait apprécié car aucun ne le respectait. Mitt Romney, le sélectionné, avait détesté le soutien que Donald lui avait apporté en direct de son hôtel de Las Vegas. Mitt est mormon et patron d'un fond d'investissement, pas exactement le même monde. 


En 2014 intervient un évènement de très mauvais augure. Un journaliste de Buzzfeed, McKay Coppins, celui là même qui relate la trajectoire de Trump que je vous résume ici, passait par hasard quelques jours dans la résidence Trump de Palm Beach, temple du kitch. Le fruit de cette rencontre était un article des plus infamant à l'encontre de Donald, et un défi : 

"If history is any judge, Trump is about as likely to run for president in his lifetime as he is to accept follicular defeat." 
Début 2015, Donald assemble ses troupes et demande la préparation d'une campagne électorale. Il souhaite se présenter avant l'été pour occuper l'espace médiatique et rehausser les montants de ses contrats télé pour l'automne. Pour l'un de ses proches associés, c'était très clair : 
“You have to understand, we didn’t think we were going to win.” 
Il fallait tout de même paraitre crédible et pour ce faire, rien de tel qu'une bonne collecte de pognon. Seulement lorsqu'il essaie de recruter l'un des meilleurs dans ce domaine, Spencer Zwick, ancien allié de Romney, celui-ci décide de ne pas refuser catégoriquement et préfère orienter Donald vers une campagne qui saurait se passer de ses services. “I don’t know why you’re raising money at all” lui avait-il dit, lui suggérant de se positionner comme le candidat anti-establishment, au dessus du fric qui corrompt la politique.“That’s a great idea!” s'emportait déjà Donald. Et un de ses assistant d'assurer : 
The truth is, he would have raised money if he could have … Donald never had any intention of self-financing.”
Avec ça, Donald monte dans les sondages et pense que cela et sa fortune personnelle suffiront à obtenir les deniers nécessaires, auprès des milliardaires américains cela va s'en dire, pour mener la suite de la campagne. Mais à ce moment là, les mêmes qui lui avaient toujours refusé le respect, les politiciens de droite comme le "top 1%" s'amusaient encore de Donald qui n'était alors pas encore officiellement candidat. Les médias rigolaient aussi et doutaient qu'il se présente. En parlant d'un article contre lui dans le New York Post, il demandait à un de ses assistant :
“Why don’t they respect me, Sam?” 
Nous sommes en juin 2015 et Donald doute, mais la conférence de presse est déjà organisée, ses assistants ont promis une annonce importante. Pour qu'il se ressaisisse, un assistant se souvient lui avoir dit ceci : 
“I don’t know what’s going to happen in this election,” (...) “But no matter what, they’re gonna write about it a hundred years from now. And they’re never gonna be able to say you didn’t run.”
C'en était assez pour convaincre Donald. Il répétait ces mots à qui voulait les entendre : 
They’re never gonna say I didn’t run.” Le 16 juin 2016, descendu d'un escalator doré, il annonçait sa candidature et commençait à insulter les mexicains. 



Voilà comment Donald a fini par se présenter aux élections présidentielles américaines. On sait ce qu'il en a fait depuis, mais il faut voir l'ampleur du malentendu qui semble d'une manière ou d'une autre au coeur de la situation actuelle. En résumé :

  • Donald veut plus, mais c'est un gros beauf et dans la haute on ne l'aime pas. Passé une certaine quantité d'argent ou de pouvoir politique, on ne le respecte plus. Il s'enrichit mais reste exclu du sommet de la pyramide. Il convoite la politique et sous-entend dès que possible qu'il en sera bientôt.
  • Il gagne en popularité chez les tarés, grâce au certificat de naissance d'Obama, et est semi candidat une première fois en 2011. Il parvient à faire parler de lui, mais tout le monde en profite pour se foutre de lui, surtout l'élite, notamment le président. Il se retire. 
  • Un journaliste l'enterre et parie qu'il ne sera jamais vraiment candidat à l'élection présidentielle.  
  • 2015, toujours en manque de reconnaissance sociale et de respect de la part de l'oligarchie américaine, il songe à être candidat, par orgueil, pour clouer le bec de certains journalistes. Il pense également pouvoir en profiter pour booster ses audiences, forcement.
  • Un génie du financement de campagne électorale lui suggère de jouer le chevalier blanc, l'incorruptible. Il doute, mais poussé par l'orgueil, il devient candidat et écrase tous ces petits politiciens qui s'étaient foutu de lui. Il en profite pour donner tort aux médias. 
  • "Sa" stratégie d'outsider fonctionne. Il devient réellement virulent contre les castes qui s'étaient toujours dressées devant lui et qui lui avaient toujours refusé le respect. Il lamine la course à l'investiture, mais on rit toujours de lui, toujours plus fort, comme au White House Correspondents' Dinner du mois d'avril 2016, ici et .


Rien d'autre que son égo et son orgueil ne motive cet homme, rien. Il n'a jamais voulu être président, il voulait simplement qu'on le respecte. Le simple fait que cela puisse arriver est effarant. Et pourtant le voilà candidat républicain. Il y a une chose de terrible dont je viens de prendre conscience : c'est le dépit qui l'a nourrit. Et quand on voit la joie d'Obama d'en placer une bonne sur Donald... ça fait froid dans le dos. Je ne croyait déjà plus aux démocraties de marché et à leurs élections mais il faut avouer que ça a de la gueule comme ça, vu de loin. Peut importe le système ou la société, d'autres Trump arriveront, et avec eux espérons le, d'autres stratégies pour les contenir que du gros foutage de gueules.   



L'article original en anglais est ici. Super long, mais vraiment intéressant, bien écrit. Y a un podcast avec l'auteur aussi. 
https://www.buzzfeed.com/mckaycoppins/how-the-haters-made-trump?utm_term=.olVQzmPO6#.nqOlrZpMm

 
IDEM VELLE AC IDEM NOLLE AC TANDEM VERA AMICITIA EST