18/02/2011

VIDEO : [ROAD-DOC] Flic, un Métier de Chien?

GARDIENS DE LA PAIX OU INSTRUMENT DU POLITIQUE?

Il paraît que nos policiers n’ont vraiment pas le moral. Cela pourrait faire sourire. C’est une tradition bien établie en France, une tradition chantée par Brassens, illustrée par Mai 68 et ses suites : on n’aime pas trop les flics, les keufs, les cognes, les poulets, les condés, etc., quel que soit le joli nom qu’on leur donne, certains auraient même tendance à se réjouir de leurs malheurs.
À la réflexion, ce n’est pas une bonne chose pour la démocratie quand la défiance, l’incompréhension et le mépris s’installent entre les citoyens et les forces de l’ordre, au risque de dérapages et d’affrontements qui ne profitent qu’aux extrémistes de tout bord.

John Paul Lepers est allé y regarder de plus près. La méthode, on la connaît : une question affichée en gros sur son camping-car (« Flic, un métier de chien ? »), histoire d’annoncer la couleur, un brin de provoc’, de la bienveillance et surtout une exigence journalistique : remettre en question son regard anti-flic primaire (Lepers a été un lycéen et un étudiant rebelle, et, de son propre aveu, il a balancé quelques projectiles sur les pandores).
Il ne s’agit pas d’aimer les flics mais d’essayer de les comprendre. Mais, pour ça, il faut les faire parler, ce qui n’est pas une mince affaire.
Au ministère de l’Intérieur, on fait la sourde oreille. C’est donc réglé : aucune autorisation. Côté flics de base, devoir de réserve oblige, les témoignages sont anonymes. Restent enfin ceux qui peuvent parler à visage découvert parce qu’ils ont préféré abandonner la partie et démissionner. Et tous de raconter pourquoi ils en ont ras la casquette : on les méprise, on les insulte, on les caillasse, parfois on leur tire dessus, on dénonce leurs bavures…
Mais on s’intéresse fort peu au quotidien et aux conditions de travail des 120 000 flics français. Le stress, la trouille, l’usure, parfois le harcèlement par un petit chef… Pour certains, les calmants ou l’alcool. Ou même, pour une cinquantaine d’entre eux chaque année : le suicide.
À quoi s’ajoutent 10 à 15 morts par an en service et 10 000 blessés pendant une mission, soit tout de même 10 % des effectifs. S’il n’y avait que ça.
Mais c’est sans compter encore avec la pression d’en haut, les incitations au rendement et aux chiffres. Statistiques tirées par les cheveux, tripatouillages, interpellations pour rien (100 000 arrestations annuelles pour possession de stupéfiants, dont 90 % seront sans suite), etc.
Et, finalement, la perte des valeurs et l’impression désespérante d’être les bras armés de la politique sécuritaire, des éboueurs de la République plus que des gardiens de la paix. De chiens de garde.

Flics, un métier de chien? 

Durée 52 minutes
Réalisation : John Paul Lepers
Enquête : Jonathan Halimi
Image : Matthieu Martin
Montage : Anthony Santoro
Musique: Romain Dudek
Production: Caroline Lançon

FranceTélévisions – ON Y VA ! media – LaTéléLibre • (2011) • 52′ •

 Publié le 12 février 2011 sur LaTéléLibre.fr

 
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