24/05/2021

Moishe Postone - Extraits


J'ai passé le weekend avec Moishe Postone sur une playlist, un cours donné à l'université de Chicago en 2009.

J'ai retranscrit quelques extraits et décidé d'en compiler une partie ici. L'ordre est arbitraire, chaque paragraphe est un extrait. La continuité logique n'est pas parfaite, mais voilà une page de Postone pour une autre lecture du Capital et de l'analyse marxiste. 

PS :   
Un thread sur Postone qui m'avait donné envie de m'y plonger l'année dernière : https://twitter.com/PhilosophyCuck/status/1226945426563256326

La biblio française de la critique de la valeur (Wertkritik)(quand même) :


What Marx is trying to get at is what he regards as being the whole mark of modernity, which is this non –teleological endless process that he is referring to as the self valorization of value.     

What marks the context of this new form of society is that things appear decontextualized. It’s the appearance of decontextualization that actually is the whole mark of this context. 

This independent existence of the form of social relations is alienation. Not the alienation by people of part of preexisting essence, but the constitution of an alien, compelling, social other, that results from the circumstance that social relations are created by objectifying activity. Humans create Society behind their own back.     

What this means, is that capital really is the alienated other. It’s not just a mystification.

In other words, if we’re talking about the social forms that are abstract, and do not appear to be social at all, than one of the things that Marx is saying is that what’s rational about Hegel is his idealism. Because those forms actually cannot be simply dissolved in terms of the actions of individual agents, whose action are hidden from themselves and therefor they don’t appear to be agents. In fact they are not agents.   

The historically specific form of mediation at the heart of capitalism is constituted by determinate forms of practice that become quasi independent of the actors. The result is a new form of social domination, one that subjects people to increasingly impersonal rational imperatives and constraints, that cannot adequately be grasped in terms of the concrete domination by social groupings such as class or institutional agencies of the sate or of the economy. Like power as conceptualized by Foucault, this form of domination has no determinate lockers, and appears not to be social at all. Moreover, it is not static but temporally dynamic.        

Capital is this ghostly sphere, behind. And it’s the sphere of the dynamic. It’s the sphere of history. And that history cannot be understood adequately only by looking at state and civil society and their interactions, because it changes both and their interrelations.          

Another sphere of social life exists, that’s represented by the category of capital, and that sphere is the dynamic of the social whole. And that dynamic exists behind state and civil society. This critic calls into question the adequacy of the understanding of modern society in terms of this bipartite division. 

For Marx, production in capitalism is only apparently material. It really is a vehicle for producing surplus value. And surplus value for him is time. It’s a very metaphysical process: Matter is transformed into units of abstract time. As a temporal form of wealth, capital strives toward boundlessness, ignoring the necessary boundedness of its natural environment, the planet.    

What you have is the retention of value in time. Value created in the past is preserved. In a way, and this is only an initial determination, it’s a constant present.

“By incorporating living labor into the lifeless objectivity, the capitalist simultaneously transforms value i.e. past objectified dead labor, into capital, self valorizing value, an animated monster.” Marx
 


02/02/2020

Playlist #WEEK06/20 - 'It Won't Be Long'


Soundtrack of our lives, encore. C'est sombre mais toujours avec cette touche de mystère, d'inconnu, d'ouverture, peut-être même d'espoir. Tout reste à faire, à défaire. Et rien n'est encore parti en fumée en comparaison de ce qu'il nous reste à perdre.  

Ambient forcément, musique contemporaine, expérimentale grecque, classique du jazz, beats californien, bande originale, entre autres. Dans le même mood, je vous invite à écouter / regarder / lire mes voeux pour 2020

Bonne écoute ;)



1. Deaf Center - New Beginning (Tidal Darkness)
2. Lena Platonos - Lego
3. Like It Is - Yusef Lateef (The Blue Yusef Lateef)
4. Accident du Travail - Lycaon
5. Palayam - Openness
6. Mica Levi - Love 
7. Susumu Yokota - Capital of Daisy
8. Deaf Center - Animal Sacrifice
9. Vangelis - Leon's Room
10. Shlohmo - Hopeless
11. Crystalmess - Just Because It's A Funeral Dosen't Mean We Can't Rave
12. Broadcast - Echo's Answer
13. Aphex Twin - Stone In Focus

31/01/2020

Titanic Bar - The World Ending



Voici mes voeux pour 2020 sous forme d'un exercice de montage proche du cadavre exquis. La musique détermine la longueur, les images déterminent le texte. La purée de pixels est voulue. 

C'est un bilan, et vous connaissez sa couleur.

"Ca avait été comme un très long rêve
qui finit par tourner en boucle.
Un monde simple dans lequel jamais
rien ne change réellement,
où les formes évoluent
mais pas les gestes.
Production, consommation,
sans cesse.
Nous sommes restés branchés
trop longtemps.
Jusqu’à oublier que le rêve
est fabriqué.
Jusqu’à oublier
sa raison d’être.
L’accumulation et la croissance
comme seules perspectives,
l’augmentation de tout,
même si tout se ressemblait déjà
tant et depuis si longtemps.
Tout y était toujours plus standardisé, transformé en
données dans lesquelles nous espérions voir nos reflets.

Mais le rêve est sur la fin.
Il est dévoré par l’une de
ses contradictions.
Nous nous réveillons en chute libre
dans un monde renversé.
Alors que nous “rêvions”, une force ancienne
a pris le pouvoir dans le capitalisme.
C’est le retour d’une vieille illusion,
la revanche de l’utopie ultra-libérale.
Cachée derrière l’image d’un pouvoir sans tête,
elle veut garder le rêve pour elle-même.
Elle parasite toutes les
vieilles institutions,
logeant son idéologie dans autant
de radicalisés interchangeables.
Fanatisme financier, pseudoscience
économique et foi dans le marché,
désormais doublés d’une volonté
de faire sécession.
Ils feront leurs derniers profits
sur nos cadavres,
emmenant le capitalisme au bout du
vieux rêve et de ses contradictions,
sacrifiant jusqu’à l’avenir.

Leur rêve n’est qu’un cauchemar
et une crise perpétuelle.
Tout brûle, c’est la nouvelle
forme des temps.
Les fumées noires s’infiltrent déjà partout,
dans les esprits, les villes et les poumons.
Elles formeront la nouvelle toile
de fond de nos misères,
jusqu'à ce que la mort et la souffrance soient
les derniers secteurs en croissance.

Le pire est que nous sommes
déjà réveillés.
Le vieux rêve semble lointain,
tout est noir désormais.
Nous n’avons plus confiance
en rien ni en personne.
Nous tourbillonnons dans la nuit consumés par des
flammes qui embrasent l’avenir avant le présent.
Nous cherchons une échappatoire pour
espérer retrouver des choix,
espérer reprendre la liberté
au libéralisme.

Mais la liberté est bien gardée
tenue dans les mailles d’une structure
idéologique internationalisée
ayant engouffré chaque aspect
de nos existences.
Il n’y a de vie ici que dépossédée,
moulée dans des copies de
réseaux, d’infrastructures,
dans des marchés, des propriétés,
des flux, rationalisés, dupliqués,
imposés à toutes les sociétés.
Une forme de vie dans laquelle la liberté se résume
à payer pour vivre et vivre pour payer.

Nos esprits se rebellent
avant nos corps.
Nous rêvons d’un soulèvement,
même si leur réponse est connue.
Les partisans de “l’ordre n’importe lequel”
et leurs méthodes n’ont pas changé.

Les gardiens du vieux rêve sont eux aussi prêts
à devenir les nouveaux maîtres du cauchemar.
Face à nous,
ils n’hésiteront pas
à nous écraser,
dans l’indifférence générale,
alors qu’ils ne sont plus que perversité,
barbarie et relents réactionnaires.

Nous sommes balayés par la dégradation de nos habitats,
la continuation du capitalisme et le retour du fascisme.

A ce stade c’est bien plus que
les yeux qu’il nous faut ouvrir,
c’est bien plus que le nombre et la rue que nous devons
invoquer si nous voulons avoir une chance.
Nous devons retrouver une idée
de ce qu’est l’Humanité
et de ce que représente son Histoire turbulente
vers la fraternité et la conscience,
vers un futur pour tous,
vers l’éternité.

On (en) est là.
La petite musique continue.
Un dernier verre.
Et bonne année."


- Musique -

Lucinda Chua at Nottingham Contemporary
https://youtu.be/l95Ajd0ek8s
x
Temple Sounds 
https://youtu.be/-ar9vsmFhJU
x
Palayam
https://soundcloud.com/palayam


- Images -

Bela Tarr - Andrei Tarkovsky - Ernie Gehr - Godfrey Reggio - Mikhaïl Kalatozov - George Stevens - David Cronenberg - Georges Perec - Hideaki Anno - Toshio Matsumoto - Michelangelo Antonioni - Ingmar Bergman - Carl Theodor Dreyer - Isidore Isou - Museum of Automata - AT&T - BBC - Thames - WTMJ-TV - Youtube - entre autres


- Montage -

La fin de leur Monde


- Texte -

Berserk

09/08/2019

An atheist's God: the paradox of Spinoza


Dans cet entretien (en anglais déso) il est question du "dieu" de Spinoza. De prime abord ça peut paraitre étrange simplement parce que Baruch de son prénom, l'un des plus grands philosophes de son temps, a été viré de la synagogue d'Amsterdam en 1656 à cause de ses opinions religieuses très éloignées de l'orthodoxie. Depuis lors, il est d'ailleurs considéré comme Le grand "athéiste" de la tradition occidentale. Pourtant, il mentionne "dieu" à de très nombreuses reprises dans son oeuvre. Cet entretien tente donc de résoudre le paradoxe entre ce que beaucoup perçoive comme son athéisme et ses très nombreuses référence au divin.

Pour ceux qui suivent : #ZizekSurLeChristianisme et #Panpsychisme  

Source : https://www.abc.net.au/radionational/programs/philosopherszone/an-atheists-god-the-paradox-of-spinoza/3655032 Vous y trouverez également un transcript de l'entretien si vous préférez lire l'anglais plutôt que de l'écouter ;)

08/08/2019

"Réveillez-vous!" VS "Mais ferme ta gueule"

En fait je lutte depuis pas mal de temps contre les conspis en-ligne. Parce que moi-même, étant jeune, j'ai fait un bref détour par quelques "théories du complots" (entré pour le 11 septembre sorti pour le communisme), j'ai pas mal creusé le sujet et j'ai une bonne vision des différentes théories. Depuis que je suis sur les RS Gilets Jaunes, j'en croise pas mal. Au début je trouvais que ça allait par rapport aux réseaux des droites mais avec le temps certains groupes ont été colonisés par les conspis à coup de "Réveillez-vous!". Je suis récemment tombé sur un nid avec quelques gourous. Des complotistes de la pire espèce. Clairement pour moi c'est un ennemi à ne pas sous-estimer, qui mérite une lutte quotidienne parce qu'il a un pouvoir de nuisance beaucoup trop grand pour qu'on le laisse pisser. Du coup j'ai écris un court texte qui devrait sortir à la rentré et qui pourra peut-être circuler parmi les GJ. Il vise les points faibles des conspis de tout poil et la parfaite incompatibilité entre eux et un mouvement social. Le texte tient la route, mais franchement, je regrette de ne pas avoir vu la vidéo en dessous avant de l'écrire.

C'est la meilleure vidéo sur ces enfoirés de complotistes que j'ai vue sur le french youtube. Un démontage point par point hyper clair, qui n'oublie pas les liens avec les droites, et qui se termine par un rap! Olala, cette vidéo c'est un rêve! Regardez plutôt!


07/08/2019

Documenting Hate: New American Nazis (Docu)

Maintenant qu'on connait la pénétration des idées de Renaud Camus dans l'Alt-right internationale, allons plus loin. Il faut absolument voir ce documentaire sur le groupuscule néonazi américain Atomwaffen. 

Ce groupe a notamment pour stratégie de faire entrer certains de ses membres dans les forces armées américaines pour qu'ils y acquièrent matériel et entrainement. Considérant ce que l'on sait des votes, des méthodes, et des imageries utilisés par certains membres des FDO en France, je pense qu'on doit commencer à s'interroger de manière un peu plus concrète sur les évolutions de l'extrême droite en France.

Si la victoire de Trump galvanise les fascistes outre-atlantique, interrogeons nous sur ce que la défaite perpétuelle du FN/RN, défaite inéluctable dans un système électoral à deux tours, provoque chez la partisans les plus acharnés des idéologies raciste et réactionnaires chez nous.

Le vieux monde se meurt et le nouveau tarde à advenir. Vous connaissez la suite.



06/08/2019

Il suffira d'un gilet (Docu)

Voici un excellent documentaire sur les Gilets Jaunes. Tourné entre décembre 2018 et avril 2019 un peu partout en France mais surtout en Bretagne, c'est un hommage magnifique à ce mouvement et à toutes celles et ceux qui s'y sont investis corps et âme pour enfin refaire de la politique dans ce pays. C'est aussi probablement un document historique tant les témoignages présents sont importants, et un magnifique exemple de la parole des Gilets que les médias dominants se sont empressé de confisquer dès les premiers Actes un peu plus chauds. 

Bonne vision! 

 
IDEM VELLE AC IDEM NOLLE AC TANDEM VERA AMICITIA EST