26/07/2017

Lost in translation - Kim Jong Trump

Génial montage d'images de la télévision nationale nord-coréenne, sonorisé avec les voix de deux présentateurs star de la chaîne américaine Fox News.  Judge Jeanine et Sean Hannity. Sérieusement, il se passe quelque chose dans mon cerveau quand je regarde ce truc, une sorte de saute, dans la réalité. Dans la réalité médiatisée, dans la représentation du réelle. Décalage, maillage. Flou. Je vois ou j'entend double, deux fois la même petite chanson. La même, probablement.

P.



13/07/2017

Maintenant : Pas grand chose


Bon. J'ai lu Maintenant, le dernier livre du Comité Invisible. D'abord, je vous recommande la lecture de leurs précédents bouquins, L'Insurrection qui vient et à A nos amis. Et aussi Tiqqun puisqu'il y a un lien de parenté plus que probable voir évident entre les deux comités d'écriture. Après, si ca vous botte, vous pouvez lire celui-ci, mais c'est pas forcé, hein.
Bref. Je ne vais pas vous faire une fiche de lecture, je suis très mauvais pour ça. Je dirais simplement que je n'ai pas aimé, que je n'y ai pas appris grand-chose, que ça n'a pas fait évoluer ma manière de voir les choses. Ce bouquin n'a ajouté aucune complexité ou relief aux thèses développées précédemment. En fait ce bouquin c'est une sorte de resucée avec un ton dédaigneux. Ils passent beaucoup de temps à cracher sur Nuit Debout etc. Je n'avais pas réalisé que c'était de cela dont le "mouvement" avait besoin. LOL

Donc si vous voulez une très bonne critique (à mes yeux), je vous recommande celle-ci publiée sur Vacarmehttp://www.vacarme.org/article3054.html

Si vous voulez lire un extrait c'est chez leur amis de Lundi Matin : https://lundi.am/Pour-la-suite-du-monde-comite-invisible

Moi je vais me contenter de deux citations appréciables sur la loi travail et le salariat.

P.

"Au fond, la fameuse "loi travail" était une déclaration de péremption définitive du travail comme monde commun. Certains y répondent par des rodomontades sur la fin des illusions du travail et de la valeur-travail. D'autres y voient le signe que c'est désormais la vie entière et non plus la force de travail qui est requise par le capitalisme post-fordiste et en déduisent l'émergence d'un mouvement "biopolitique", un mouvement de la vie elle-même succédant au classique mouvement ouvrier. Mais les protestataires du printemps 2016 y ont spontanément perçu autre chose: la déclaration officielle que désormais, dans nos sociétés avancées, le travail n'avait plus de raison de faire communauté, qu'il ne devait plus être que la manière dont chaque individu gérait son "capital humain"."

"Le salariat a permis à des generations d'hommes et de femmes de vivre en éludant la question du sens de la vie, en "se rendant utiles", en "faisant carrière", en "servant". Il a toujours été loisible au salarié de remettre cette question à plus tard - disons: jusqu'a la retraite - tout en menant une honorable vie sociale. Et comme il est "trop tard", parait-il, une fois retraité, pour se la poser, il ne reste plus qu'à attendre patiemment la mort. On aura ainsi réussi à passer une vie entière sans avoir eu à entrer dans l'existence. Ainsi le salariat nous délestait-il de l'encombrant fardeau du sens et de la liberté humaine."

11/07/2017

DOCU: The Living Dead - Adam Curtis - 1995

Un trésor oublié. Je ne m'explique pas comment j'ai pu rater un docu de Curtis, mais soit. Trois parties, grosse bande son - The Thing de John Carpenter notamment, et sous-titré Three films about the power of the past. Les thématiques : Projection historique et nazisme - Image du nazisme, de la guerre, et mémoire - Psychologie et mémoire - Le Royaume-Unis et Thatcher comme cas d'analyse de tout cela - et bien d'autres choses. Pour un synopsis complet je vous invite à lire la page wiki de cette série documentaire.

Si vous ne connaissez pas encore Adam Curtis, vous avez jusqu'ici manqué un des regards les plus affuté sur le monde et l'époque. 

P.






10/07/2017

Jacques Rancière : la démocratie comme moment égalitaire

Si vous ne connaissez pas Jacques Rancière, c'est le moment. Vous pouvez commencer par le petit bouquin de discussion avec Eric Hazan, En quel temps vivons-nous? sorti il y a quelques semaines. 73 pages de bonheur. Après vous pourrez regarder les vidéos en dessous où il détaille son point de vue. Je vous mets un extrait du livre qui je l'espère, vous convaincra de passer du temps sur Youtube. ;)

P. 

(c'est moi qui souligne)

"On redécouvre aujourd'hui que l'histoire de l'égalité est une histoire autonome, qu'elle n'est pas le développement de stratégies fondées sur l'analyse des transformations objectives des techniques, de l'économie, etc. mais une constellation de moments - quelques jours, quelques semaines, parfois quelques années - qui créent des dynamiques temporelles propres dotées de plus ou moins d'intensité et de durée. A chaque fois, c'est un nouveau commencement et à chaque fois on ne sait pas jusqu'où il ira. Et la prétention d'en tirer les leçons ne mène pas bien loin. L'idée des leçons tirées des expériences antécédentes suppose toujours qu'on va trouver cette fois la bonne façon de faire ce qu'on veut. Malheureusement, ce n'est pas ce qu'on veut qui détermine la conduite d'un moment d'égalité. C'est le contraire : la "volonté" est un résultat, c'est la modalité que prend le déploiement du moment égalitaire. Redécouvrir l'aspect monadique des moments égalitaires, c'est aussi redécouvrir l'ambiguïté de ces dynamiques. L'émancipation, cela a toujours été une manière de créer au sein de l'ordre normal du temps un  temps autre, une manière différente d'habiter le monde sensible en commun. Cela a toujours été une manière de vivre au présent dans un autre monde à venir. On ne travaille pas pour l'avenir, on travaille pour creuser un écart, un sillon tracé dans le présent, pour intensifier l'expérience d'une autre manière d'être. C'est ce que j'ai essayé de dire depuis La Nuit des prolétaires. Cela n'a évidemment pas fait plaisir aux stratèges en chambre. Et pourtant je ne vois pas comment ni quoi discuter si on ne part pas de là : comment penser ce qui est "voulu" quand des gens se mettent ensemble, changent la destination d'un lieu et ouvrent un temps différents? Comment repenser temps et "volonté" pour parler de cela?"

Jacques Rancière, En quel temps vivons-nous ? - p31  




07/07/2017

Jacques Derrida à propos de l'athéisme et de la croyance (EN)



Je connais pas trop cet homme là, à priori pas mon truc même si ici je vois ce qu'il veut dire. Une drôle de boucle qui veut que plus tu testes ton athéisme, plus tu le questionnes, plus tu construis un système de croyances ; qui te permet de contourner les religions tout en donnant du sens, mais qui n'est que cela au final : un système de croyance. Qu'est ce que la fois?

P. 

"Pour Jacques Derrida l'athéisme se distingue donc peu de la foi. En poussant la déconstruction aussi loin que possible, il laisse venir un discours où le théologique frôle l'hyper-athéologique. On ne peut pas plus se fier à l'athéisme, même le plus radical, qu'à la religion. Les uns et les autres n'ont pas de fondement sûr, ils puisent au désenchantement."

"Derrida le reconnaît, il "passe à juste titre pour athée". Mais pour autant, il n'écrirait probablement pas une phrase comme "Je suis athée" [à cause du verbe être]. Il ne se laisserait pas enfermer dans une définition aussi étroite. A la question Croit-il en Dieu? Il ne répondrait rien, car ce qu'on nomme Dieu, omniprésent et absent, appelle d'autres noms. S'il devait s'interroger sur les déguisements de Dieu, il chercherait plutôt ceux sous lesquels il n'apparaît pas (lire la page : Derrida et la théologie négative, plus détaillée sur ce point). Mais cela ne l'empêche pas d'avoir beaucoup écrit sur Dieu, la religion , le tout autre, le christianisme, son judaïsme à lui, et même aussi, même s'il ne l'avoue pas, sur quelques questions cabalistiques ou sa Cabale à lui, etc. Son intérêt pour la promesse, l'eschatologie et le messianisme, pour l'inouï, la foi et ce qu'il appelle la fiabilité (ou fiduciarité), ne s'est jamais démenti."

Source du texte : http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0612221308.html

 
IDEM VELLE AC IDEM NOLLE AC TANDEM VERA AMICITIA EST