12/04/2018

Sur l'expulsion de la ZAD

Loic Venance - AFP
Émilie Hache, maîtresse de conférences en philosophie à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, était interrogée sur Médiapart ce mercredi 11 avril, autour de l'expulsion / destruction de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Je partage un court extrait dans lequel elle défend un point de vue trop souvent absent des médias, un point de vue qui replace la ZAD dans le temps, dans son époque qui manque cruellement d'alternative et qui n'en a pourtant jamais autant eu besoin.

(Ca commence à 09:21)

Médiapart : (...) Comment réagissez-vous à cette situation d’expulsion de cette ZAD ?

Emilie Hache : (...) C’est tout d’abord un immense gâchis. On est étranglé à la fois de tristesse et de colère quand on voit ces images. Sans même parler du fait qu’ils n’ont absolument pas respecté le peu de promesses qu’ils avaient pu faire sur les endroits qu’ils ne détruiraient pas sur ces lieux là. Quand on voit ces cabanes qui sont d’une beauté incroyable, qui ont été construite pour penser un monde différent, c’est absolument insupportable de voir ces images. (...) Il y avait une très jolie vidéo d’une habitante de la ZAD, une des Camille, qui résumait, je trouve d’une manière assez clair la situation dans laquelle on est aujourd’hui à la ZAD, à savoir que finalement, ce qui est en train de ce passer ici c’est notre future qu’on est en train de nous voler, de détruire en détruisant ces endroits là. C’est effectivement une question qu’on peut se poser, à savoir :
En 2018, face à ce dérèglement climatique qu’on est en train de se prendre en plein dans la figure, sérieusement, le gouvernement français n’a pas autre chose à faire que d’aller déloger 200 personnes sur un territoire dans lequel s’expérimente aujourd’hui des projets qui sont précisément, peut-être un des seuls futurs viables et humain possible ? Il n’a vraiment pas d’autre projet, pas d’autre ambition que celui-là ? C’est absolument hallucinant, c’est sidérant, à la fois de violence et de bêtise, de nullité politique d’une certaine façon. 
(...) Je dirais que la réponse qui est aujourd’hui proposée, aussi bien d’ailleurs à NDDL qu’ailleurs, c’est un imaginaire politique des années 50 qui nous est proposé. On est en train de revenir avant mai 1968 avec cet univers politique que nous propose Macron. Une idéologie du progrès qui n’a plus aucun sens, dont on sait depuis très longtemps que ça n’a plus aucun sens. (...) Quelle est la vision derrière ces différentes prises de positions ultra-autoritaires qui sont aujourd’hui menées. Je ne les comprends pas. On ne les voit pas à par pour le fait que c’est un retour en arrière politique et social complètement hallucinant.


 
IDEM VELLE AC IDEM NOLLE AC TANDEM VERA AMICITIA EST