08/04/2019

Playlist #WEEK15/19 - 'Lukid'


Je retombe sur Lukid de temps à autre, le plus souvent quand je me trouve entre deux moments. "Please stand by." C'est une sorte de musique de chargement, avec des boucles plutôt courtes et parfois syncopées traversant des ambiances feutrées (A Smart Girl), assez chaleureuses (The Now) mais aussi mélancoliques (Laughin'). Ca sonne aussi comme les premiers pas de la lo-fi house (Spiller). Et puis il y a les deux derniers morceaux de cette playlist. C'est par là que j'ai découvert ce producer Londonien (Ninja Tune, Werkdiscs, Glum,).

C'était il y a huit ans, sur youtube déjà, et il y a une histoire. Hair Of The Dog et Chord ont bénéficié de petit montages vidéo à l'arrache, exaltant la résolution 320p / 4:3, et faisant office de clips. Le premier est un simple extrait d'un moyen métrage, Elephant (1989) réalisé par Alan Clarke et produit par Danny Boyle. C'est la mise en scène minimaliste, en plans séquences, de 18 assassinats ayant réellement eu lieu en Ireland du Nord. Vous pouvez en savoir plus ici ou le regarder . Ca vaut le coup d'oeil, ne serait-ce que pour la magie du steady cam. 

Pour Chord, on rentre dans une sous-culture de youtube qui lie le sample et le montage musical à une version vidéo. On est entre 2009 et 2011, ça glitch, ça saccade, c'est de l'art, ou une mine d'art pour être précis. Si vous voulez creuser c'est par ici, sur la chaine de Lukid lkbl, sur theuglymugly, sur jihacid et beaucoup d'autres. Mais j'ai sélectionné pour vous : Les débuts du vapor wave ILes débuts du vapor wave IILo-Fi HouseLa vidéo la plus relaxante que vous verrez cette semaineSupreme Cunnilingus (Actress)

Musique !

1. Lukid - Light Up (Onandon)
2. Lukid - The Now (Onandon)
3. Lukid - Wake Up (Onandon)
4. Lukid - Wonder Years (Onandon)
5. Lukid - A Smart Girl (Onandon)
6. Lukid - Laughin' (Foma)
7. Lukid - Spiller (Chord)
8.. Lukid - Laroche (Alone At The Top)
9. Lukid - Blind Spot (Boxing Club)
10. Lukid - Hair Of The Dog (Chord)
11. Lukid - Chord (Chord)

07/04/2019

La cosmocratie, nouvelle classe planétaire (Diplo-08/1997)


J'ai toujours un sentiment étrange quand je lis des "archives" et réalise que d'une certaine manière On sait très bien ce qui est en train de se produire. Les modalités de la chute sont loin d'être impénétrables. Le Monde Diplomatique vient de partager un article du genre daté du mois d'aout 1997. Il est signé Denis Duclos, Sociologue, directeur d’études au CNRS. Je me permets d'en copier coller l'introduction ici pour vous donner envie de lire la suite. 












Il se pourrait que l’image la plus précise de notre « modernité » nous renvoie à la chute de l’Empire romain. D’un côté, des armées de prolétaires désespérés, harcelés par des régiments de policiers. De l’autre, des fortunes géantes, dont les détenteurs se protégeaient dans des villas barricadées. Déjà, ces deux mondes-là ne se croisaient plus…
« Les empereurs du IVe siècle ne se demandèrent jamais à quoi servait de sauver l’Empire romain si c’était pour en faire une vaste prison pour des millions et des millions d’hommes (1). »
Comme si maîtriser autrui guérissait nos frustrations, aucun régime n’est indemne du goût d’opprimer, surtout quand rien ne s’y oppose plus. En cela, le libéralisme est-il loin des pouvoirs disparus qui tentèrent de saisir l’humanité dans leurs rêves ? Si rien n’est tenté pour amener un régime universel à composition, il se changera en tyrannie. Si rien n’est fait pour l’obliger à la civilité, il deviendra une machine à broyer, comme cela s’est toujours produit.

Une métamorphose du libéralisme en autoritarisme s’annonce depuis 1989. Un dispositif de contrainte et de hiérarchisation s’esquisse, analogue à celui d’anciens empires. Nous entrons dans un règne qui vise, comme jadis, à parachever son hégémonie par l’exaltation des fantaisies des puissants, l’abaissement des citoyens libres et l’écrasement des indigents.

Lorsque le pouvoir semble acquis, trois tendances apparaissent : d’abord, les élites n’hésitent plus à peser sur ceux qui assurent leur richesse. Elles marquent la distance, et se retirent loin de leurs contemporains livrés à l’oppression. Enfin, elles sacrifient l’accumulation à la magie spéculative — qui, croient-elles, livrerait l’accès au paradis des valeurs virtuelles. Ainsi, au nom de la raison, réorientent-elles le grand bateau des sociétés vers le triple écueil de la souffrance, du narcissisme et de la folie.

Ces trois traits, déjà caractéristiques de l’Antiquité tardive, nous en trouvons aujourd’hui d’étranges résonances (2).

Lire la suite

(1) M. R., p. 393. (Les citations en exergue sont tirées des œuvres de deux grands historiens de l’Antiquité tardive : Michel Ivanovic Rostovtzeff, Histoire économique de l’Empire romain, Laffont, Paris, 1988 [indiqué M. R.], et Peter Brown, La Tiare et la Mitre, le monde de l’Antiquité tardive, Thames amp ; Hudson, Paris, 1995 [noté P. B.].)


(2) L'auteur remercie Hélène Y. Meynaud pour les conversations informées qui ont préparé cet article.

30/03/2019

Théorie & Gilets Jaunes : Un échange




Voici un extrait d'un échange trouvé sur le site Des Nouvelles Du Front, une des bases arrières de la Communisation. C'est daté de janvier 2019 et ce sont des réponses à un article diffusé sur Paris Luttes Info intitulé Crise qui vient, souffle et gilets jaunes : où va-t-on ? On a ici d'un coté un tenant de la théorie, à la dure, réclamant un peu d'orthodoxie quand même, que diable?! chiant un peu sur les insurrectionnalistes au passage. Et de l'autre, quelqu'un d'un peu plus ouvert sur le fait que les Gilets Jaunes n'ont pas encore révélé tous leurs visages ou tous leurs potentiels. 

C'est toujours bien de se souvenir que certains pensent et échangent à des très bon niveaux de théorie. Je les considère comme des amis. Mais c'est finalement toujours dans une sorte de construction par opposition à eux que ma position, au sortir ce ces petites incursion chez les théoriciens, sort un peu plus clairement définie, comme en miroir. Je suis avec eux mais je ne suis pas des leurs. Je crois que c'est parce qu'ils sont matérialistes et pas moi. 

(Source)

#1 

Il y a une petite musique de fond qui est en train d’envahir la réflexion théorique ou politique autour de ce mouvement des gilets jaunes et ce texte l’illustre bien, à la suite de Robin, mais on peut l’entendre a plein d’occasions dans « lundi matin » et dans toutes les productions qu’on pourraient appeler « jaunistes » : la pensée marxienne, les références aux producteurs de marchandises, à la classe ouvrière, les gens qui ne se précipiteraient pas dans la rue en ce moment seraient devenue une espèce d’arrière-garde ronchonne, dépassée par les événements, qui ressasse son catéchisme communiste, les anciens quoi, ceux qui pensaient que la révolution à venir ne pourrait se passer du monde de la production… Des tontons maussades, has been, sidérés, assis sur leurs grimoires, devant la montée de ce qui serait devenu une irruption inattendue, spontanée, joyeuse, inventive d’un nouveau sujet ou plutôt, d’une nouvelle socialité révolutionnaire.
Je crois qu’il ne faut pas inverser la charge de la preuve. C’est comme pour l’existence de Dieu : ça n’est pas à ceux qui savent que Dieu n’existe pas de faire la preuve de sa non existence.
C’est aux jaunistes de nous expliquer comment, du plaisir de la socialité dans la lutte, du bonheur énorme de la solidarité contre l’Etat, contre les flics on passe à des acquis qui vont permettre d’abolir la propriété privée, à l’emparement, à la communisation…. C’est un peu facile d’envoyer paitre les pisse vinaigres de « l’ancienne théorie » quand on voit à quel point ce mouvement est en fait la somme complètement disparate de (presque) toutes les colères qui trainent dans ce pays. Et des colères, il y en a, et pas toutes très modernes…..
La décantation se fait doucement, envahie de pleins de bonnes volonté activistes qui essayent de souffler sur les braises de la grève générale dont il n’a encore jamais été question, tout ce beau monde s’excitant du Riot Porn que nous offre Paris chaque samedi et qui fait l’affaire de TOUT LE MONDE…. On verra bien….
Bref, continuons à jouir du spectacle, mais en gardant la tête froide…..


#2

Salut

“C’est aux jaunistes de nous expliquer comment, du plaisir de la socialité dans la lutte, du bonheur énorme de la solidarité contre l’Etat, contre les flics on passe à des acquis qui vont permettre d’abolir la propriété privée, à l’emparement, à la communisation…”

Nous avons affaire tout simplement à un mouvement de classe, à la lutte de classe. Est-ce que nous avons demandé en 1995, en 2003, en 2005 (banlieues), 2006 (CPE), 2010 (Retraites), 2016 (loi travail), etc. comment ces mouvements allaient “abolir la propriété privée” “pratiquer l’emparement et ouvrir la voie à la communisation…” ? Il est important de critiquer ce type de discours hyperboliques (et je l’ai fait) qui pouvaient également exister dans les mouvements précédents. Mais, maintenant il faudrait enfin (perso je suis resté longtemps dans l’expectative), tout simplement, voir la lutte de classe dans ce qu’il se passe. La lutte de classe est quelque chose de très simple, c’est d’abord et avant tout une réaction et une lutte contre l’injustice et les inégalités sans présupposer la révolution et le communisme. Là, maintenant, le grand truc, dans ce mouvement, c’est que toute les inégalités sont connectées, sans revendications formellement explicitées et sans formes (pour l’instant) de négociations. C’est la lutte de classe bête, violente (je ne parle pas des boxeurs) et qui embarque avec elle toutes les tares de cette société, c’est normal, elles sont là et nous les partageons, les prolétaires ne passent pas par des formations de politiquement correct avant de lutter. De ce point de vue l’absence de discours anti-assistés (sauf très marginalement) est remarquable, ainsi que le flop de la volonté de Macron d’introduire dans le “Grand Débat” les questions de l’immigration et de l’identité.
Depuis novembre, à l’intérieur de l’interclassisme, l’hégémonie a changé dans le mouvement. Bien sûr il n’y a pas “toute la classe”, il y a même de grands absents. Il y a même des “contradictions au sein du peuple”. Et alors ? On ne peut pas parler de la restructuration, de la fin de l’identité ouvrière, de lutter en tant que classe comme la limite de la lutte de classe (c’est aussi l’interclassisme) et attendre les grands bataillons de Billancourt. Doit-on vraiment alors s’étonner de ne pas retrouver les formes de mobilisation et d’actions en vigueur depuis le début du XXè s. En gros, ceux et celles qui sont là ce sont ceux et celles dont les types d’emplois, la déstructuration des lieux de travail rendent la mobilisation collective “traditionnelle” impossible. Sans oublier qu’il apparaît que cela crée une sorte d’appel d’air sensible dans la remontée des revendications salariales ici et là.
Ce mouvement interroge toutes les déterminations de la restructuration du mode de production capitaliste, il agit comme un analyseur global, social : deconnexion; mise en abimes des territoires, illégitimité de la revendication ; dénationalisation de l’Etat, effondrement du mouvement ouvrier organisé, identité ouvrière, représentation politique… les Gilets jaunes ne préfigurent aucune “solutions” aux questions de la communisation, ils préfigurent seulement les problèmes.
Il s’agit bien de rapports de distribution, de vie quotidienne, d’idéologie. Mais comment cela se passe, qu’est-ce que cela désigne ? Avec cet “interclassisme”, cette prédominance de la distribution et de l’injustice fiscale (il faut tout de même reconnaître là-dessus la lucidité du mouvement : violence contre violence, mépris et insultes contre mépris et insultes), la volonté d’existence politique, tout cela c’est de façon inattendue le fait de lutter en tant que classe comme limite de la lute de classe ; cette dialectique peut nous surprendre.
Je ne peux pas refréner une petite joie en apprenant que Dior avance au vendredi son défilé prévu samedi.
Où ça va ? Est-ce que nous devons reconnaître comme lutte de classe que ce qui incarne le sens prédéterminé de l’Histoire ?
Ces considérations ne rendent pas caduques mes interventions précédentes, ni le texte de TC de novembre (si ce n’est – ce qui n’est pas rien – sur la question de l’hégémonie à l’intérieur du mouvement) elles les ORIENTENT.

R.S

29/03/2019

Affichettes de stock

Les évènements sont une source intarissable d'inspiration pour la production de matériaux visuels de propagande. En voici donc encore quelques-uns dirigés directement contre cette merde que certains appellent encore président, contre son gouvernent, son parti, et leur idéologie. Je les ai en "grand" format, A4 et A3. Prochain Acte que je fais sur Paris, j'en accrocherai bien certaines sur ces petites lignes suspendues qui bordent les manifestations.  








26/03/2019

Playlist #WEEK13/19 - 'MixTape'

Toujours pas de playlist thématique mais une nouvelle compilation de mes dernières trouvailles. J'annonce c'est un peu le bordel et encore, je me suis gardé une partie sous le coude pour une prochaine. On navigue donc du jazz (Coltrane), funky (Prince) ou moins (Bobby Wright), au rap, US barré (Earthgang) et anglais bien sage (Pinty), le tout avec des détours par de l'ambiant du genre obscure (Cloudead). En années on ratisse large également, des 70's à nos jours avec un arrêt par l'underground électronique des années 90. 

Bonne écoute! 

1. Prince - 17 Days (Piano & microphone 1983 version)
2. Alice Coltrane - Turiya And Ramakrishna
3. Earthganag - Road to Mirrorland : So Many Feelings
4. Knowledge - Intherain_
5. Bobby Wright - Blood Of An American
6. Sun Araw - Horse Steppin'
7. Pinty - Nightcrawler
8. King Krule - Neptune Estate
9. Emily King - Remind Me
10. Oklou - A Hard Working And Loyal Bitch 
11. Odd Nosdam - cLOUDDEAD (Instrumentals)
12. Unkle - Rabbit In Your Headlight (Instrumental)


 

25/03/2019

Réalité alternative en Macronie


La macronie c'est moins le refus de la réalité qu'une tentative acharnée de créer/maintenir une réalité alternative. C'est ça aussi l'extrême centre.

Et c'est valable pour une part immense du discours médiatique, mais l'Acte XVIII semble avoir poussé le pouvoir à franchir un palier. Il y avait un black bloc sur les Champs Elysée, nombreux et organisé, et face auquel la stratégie de la police n'était tout simplement pas judicieuse. On ne nasse pas plus de cent mille personnes sur une avenue, en tentant de scinder la manif en deux tout en gazant tout attroupement autour des rues adjacentes alors qu'un groupe capable de tenir tête se trouve dans le cortège... Mais au lieu de le concéder, Castaner a tout simplement inventé un black bloc de 8500 manifestants venus pour tuer. Le ministère et toute la macronie en coeur nous expliquent dès lors que le préfet de Paris était une petite frappe désorganisée, et qu'à leurs yeux, la répression qui ce jour-là encore fabriquait des estropiés, n'était simplement pas assez rude. Une répression que nous sommes d'ailleurs priés de nommer autrement.

Et c'est comme ça tous les jours. Les mecs sont en roue libre sur la fabrication d'un monde parallèle et ont bien entendu récidivé pour justifier les blessures de Geneviève Legay à Nice lors de l'Acte XIX. Le Monde.fr : « Gilets jaunes » : « aucun contact » entre la manifestante blessée à Nice et un policier, selon le procureur

Je note simplement le détail des 'faits alternatifs' vomis par le procureur et repris dans l'article :
"Il y avait derrière elle trois personnes, « un journaliste qui filmait, une autre manifestante et une autre personne à la casquette marron ». « On ne voit pas qui la pousse », mais « elle n’a pas été touchée par les forces de sécurité »."
Elle est pas belle la version alternative pondue grace à la magie du pipeau du pouvoir et forcément amplifiée par des médias qui préfèrent aussi cette réalité alternative qui simplifie quand même bien les choses puisqu'elle exonère les institutions et la police. Et puis ce sont ces mots qui par magie permettent à Macron d'affirmer :



On voit bien là toute la misère des faits quand certains refusent catégoriquement de 'voir' ce qui crève pourtant les yeux. Tout être humains s'arrête naturellement sur les blessures de madame Legay et sur la charge policière qui l'a conduite à hurter le pilier. Mais la macronie voit autre chose. Elle voit trois personnes entre les boucliers et les matraques et se demande qui a "poussé" Geneviève.

La petite histoire aurait eu plus de gueule avec un semblant d'humanité et il aurait pour ça suffit que le procureur imagine qu'une de ces trois personnes l'ai "entrainée dans sa chute". Mais pourquoi arrondir les angles quand on a toute la légitimité d'un fait derrière soit ? Il y avait des personnes derrière la dame au drapeau, c'est un fait.

Et non, les faits capturés par la photo ci-dessus, à savoir un flic en armure enjambant le corps d'une vieille dame blessée presque inconsciente et marchant sur le drapeau paix qu'elle tenait quelques seconde plus tôt, ces faits n'apportent rien à l'appréciation de la réalité puisque celle-ci se borne à se qui s'est produit entre madame Legay et les boucliers. Une réalité acceptée et racontée par les médias de masse. La fabrication d'une réalité alternative, c'est donc aussi le maintient acharnée d'effet de loupe par l'entremise d'un porte voix.

On nage en fait en plein délire devant le refus de poser la seule question valable : Une mobilisation pacifique, les FDO sont en sur nombre, une vieille dame se tient à 3 mètres et on donne l'ordre de charger. Vous faites quoi? Mais ils ne mentent pas alors tout va bien, même s'ils ont menti la veille.

Au final, tout cela révèle que cette réalité n'arrange pas que le pouvoir politique mais absolument tous les défenseurs du statu quo, tous ceux qui veulent que rien ne change. Ces malades se sont mis en tête de fabriquer une réalité de substitution qui, ne l'oublions pas, permet à d'autres, ou aux mêmes, de gagner du temps pour pouvoir se gaver avant de terminer de faire sécession.

Si le gout de vomi dans votre bouche n'est pas encore assez prononcé, vous pouvez vous faire une idée de la pénétration de ces méthodes et de cette réalité dans la base électorale de l'extrême centre en lisant quelques commentaires sur leMonde.fr. Exemples :




PS : Je vous invite a regarder quelques docus d'Adam Curtis sur le sujet. The Power of Nightmare notamment, raconte la manière dont les néoconservateurs et la justice américaine ont modelé la réalité autour d'Al Qaida. Le but était de faire rentrer ce qui n'était pas réellement une organisation, dans des cases juridiques devant permettre des procédures d'ordinaire réservées au crime organisé. Comprenez bien la différence entre manipuler des terroristes et manipuler l'image / la compréhension qu'on en a. (Tout ça en janvier 2001, donc rien à voir avec 9/11 et tout à voir avec les précédents attentats revendiqués par Ben Laden.) Regardez aussi Hypernormalisation.

24/03/2019

What would jesus do?


WWJD. Vous ne serez pas étonné d'apprendre que dans les années 90 aux Etats-Unis, on vendait des bracelets avec ces initiales et qu'ils étaient très populaires parmi les chrétiens évangélistes. C'est devenu une sorte de référence culturelle puis forcément un même à l'heure d'internet. Et avec la radicalisation des fondamentalistes chrétiens et du parti républicain qui leur sert depuis longtemps de base arrière, cette phrase a fini par prendre un sens différent et est plutôt utilisée aujourd'hui pour se moquer du décalage immense qui existe entre la doctrine définie par l'histoire de Jesus et les principes défendus par cette droite dont chacun s'accorde à dire qu'elle est complètement barrée.

Voilà ma version en gilets jaunes adressée à Macron, autoproclamé défenseur de la relation entre le catholicisme et la France...

#JesusRenverseLaTable

#JesusDéfonceraitLesChamps







26/02/2019

Does it meme ? (part II)

Puisque les Russes ne s'en chargent pas, c'est moi qui m'y colle... Plus sérieusement, j'ai continué mes histoires de détournements en tout genre. Voilà donc encore quelques images et gif animés créés avec l'intention de nuire. Ha! Encore plus sérieusement, je dois bien noter que le potentiel subversif d'une telle entreprise reste limitée. C'est dommage, d'autant que j'aime encore bien y passer mes nuits. Venu pour les lulz, resté pour l'insomnie ;) 




























15/02/2019

Does it meme ?

C'est compulsif cette histoire de détournement. Je pratique depuis des années et surtout depuis photoshop mais ici j'y passe littéralement mes nuits. Voici la dernière fournée. Mention spéciale pour les trois gilets, jaunes, verts, rouges. C'est non seulement la seule stratégie mais aussi un excellent graphisme si je puis me permettre. Le reste est donc forcément écolo, anti-fasciste, anti-capitaliste, féministe, et pour la déconne.

























08/02/2019

Playlist #WEEK06/19 - 'Black Taffy'


On part sur un artiste cette semaine, découvert aujourd'hui même : Black Taffy, beat maker basé à Dallas et signé chez Leaving Records (affilié Stones Throw). C'est un label lancé par Matthewdavid alors qu'il était encore chez Brainfeeder (Flying Lotus). On parle donc un peu de la scène de LA, mais pour situer, c'est ici une partie plus underground et expérimentale avec des sons soit plus poisseux ou plus souvent offbeat, ou alors avec des textures complètement barrées. On retrouve sur le même label des gars comme Odd Nosdam, Sun Araw et Ras G

Black Taffy passe très bien avec ces jours-ci, où l'on a l'impression que certains fricotent grave avec l'abîme. Ces cordes sonnent vieillot comme l'histoire qui se répète mais vous allez voir, il porte bien son nom. C'est un bonbon à la base, une spirale obscure avec quelque chose de clair au centre. 

Enjoy,

Vous pouvez aussi suivre mes découvertes au fur à mesure sur The Black Pool

1. Black Taffy - Divining Rod
2. Black Taffy - Lantern Flies In Mist
3. Black Taffy - Geraldine
4. Black Taffy - Six Gamelan Sketches for MPC, Sp-303 & 404sx
5. Black Taffy - Balladet
6. Black Taffy - In Repose
7. Black Taffy - Harp Meditations for MPC, SP-303 & 404sx


05/02/2019

LA FIN DE LEUR MONDE

Des petites choses, pour voir, pour commencer, avec l'idée de rassembler sous une bannière large et offensive. "Stirring the pot" comme disait l'autre. Je tente l'international mais c'est encore une autre paire de manches. J'ai des doutes sur l'effet possible, probable. L'important c'est de participer, avec trois objectifs en tête : grossir les rangs, radicaliser, augmenter le degré de conflictualité. Vidéos, texte, et images. Tout est ici : 
http://theendoftheirworld.tumblr.com

#1 :




#2 :



#3 :

Contre la fin du monde & les fins de mois difficiles

LA FIN DE LEUR MONDE

TOME2 – ACTE1

Contre les oligarchies politiques, financières et polluantes 


Prémisses :
Le cac40 a versé 46,8 milliards de dividendes en 2018. Vous avez touché combien?26 humains détiennent plus que la moitié de l’humanité. En 2017, plus de 80 % des richesses créées dans le monde ont bénéficié aux 1 % les plus riches. En France les 1% les plus riches concentrent 17% des richesses pendant que l’ensemble des possessions des 50 % les plus pauvres ne représente que 8 % du patrimoine total. A l’échelle mondiale, les riches polluent 2000 fois que les plus pauvres, en France 40 fois plus. Pourtant, globalement et en proportion de leurs revenus, les 10% les plus pauvres paient quatre fois plus de taxe carbone que les 10% les plus riches. 

Aux Gilets Jaunes et aux autres, ici et ailleurs :

Pour en finir avec leur monde, ouvrons le 2nd tome

#TOME2ACTE1

Nous sommes en février 2019 et nous ne sommes pas encore tous dans les rues. Nous avons pourtant tous autant à perdre face à un ennemi commun et aujourd’hui connu. La première chose à faire est donc de le reconnaître.

La situation est claire : le capitalisme n’est plus ce qu’il était ni ce qu’on nous en a fait croire. Il est désormais totalement aux mains d’innombrables petites mafias, et oligarchies qui, à la faveur de la dernière crise économique et sur toute la surface du globe, ont terminé de prendre possession des lieux. Voilà à quoi ont mené 40 ans de néolibéralisme, d’ouverture des marchés, de financiarisation, de mondialisation des économies, et d’automatisation : à une concentration inédite de richesse entre les mains des plus grands pollueurs de la planète, de leurs financiers, et de leurs amis politiciens et hauts fonctionnaires. Voilà l’aboutissement du capitalisme et du libéralisme économique. Voilà l’ennemi, qui se présente comme un environnement qui nous est hostile autant qu’il l’est pour la nature. Nous devons mettre à bas sa structure sociale, son système économique, sa répartition des pouvoirs et des richesses, l’idéologie néolibérale qui tient l’ensemble, et les quelques humains qui en bénéficient en premier lieu. 

Car voyant le point de bascule écologique et social arriver, ceux-là ont tous préféré s’empiffrer à bon train dans un dernier foutage de gueule notamment fiscal, que Macron partage entre autre avec son ami Trump. Des cadeaux pour les plus fortunés de sorte que ce petit monde se goinfre de manière toujours plus abusive et ostensible. Tout cela se produit sous nos yeux, non seulement au dépend des populations les plus précaires qui subissent un déclassement accéléré partout sur Terre, mais aussi voire surtout au dépend de la planète justement, et donc de notre avenir à tous. 

Aujourd’hui plus que jamais, la question est donc simple : Nous battons-nous pour une place plus agréable dans un système dirigé par le dernier cri du capitalisme détruisant la planète et nos vies, ou contre ce système?

Gilets Jaunes, Français Françaises, tout le monde, notre premier combat doit non seulement être POUR NOUS mais aussi CONTRE EUX, car il n’y aura plus rien pour NOUS, et surtout pas un avenir pour nos enfants, aussi longtemps qu’ILS auront le pouvoir et les moyens (industrie, finance, médias, infrastructures, institutions) de reproduire LEUR société inégalitaire et polluante, déjà devenue autoritaire à la première secousse. Ils refusent de laisser l'humanité sortir de LEUR course au profit pour enfin faire cesser la dévastation et l’inégalité causées par LEUR système. Ils s’accrocheront et c’est bien normal puisqu’ils en tirent leur rente. Soyez certains qu’ils continueront à la tirer jusqu’aux régimes totalitaires qui nous sont promis dès que nos environnements de vie se dégraderont.    

Dans ces conditions il est évident que même si notre travail était payé à sa juste valeur, et quand bien même nos conditions de subsistance s’amélioreraient, LEUR présent n’est plus souhaitable pour personne, tout simplement parce qu’il n’est (éco)logiquement plus tenable. Ce système et les oligarchies qui le tiennent ont achevé de démontrer qu’ils ne sont plus compatibles avec la notion même d’avenir et qu’ils ne peuvent que nous mener au gouffre.

Il faut donc dès maintenant réclamer bien plus que quelques améliorations cosmétiques et matérielles ou le remplacement de l’une ou l’autre ordure. Nous devons affirmer une fois pour toute que le présent néolibéral est un mort vivant dont rien ne sera plus tiré à part encore quelques injustices (toujours envers les mêmes), beaucoup de pollution (jusqu’à la COP 43) et un autoritarisme décomplexé (déjà à visage découvert dans toutes les rues et contre tous).  

Notre temps de travail serait en fait d’ores et déjà bien mieux utilisé à tenter d’imaginer un avenir sans le néolibéralisme et ses oligarques, sans son productivisme et sa colonisation incessante des moindres recoins de nos existences. Une raison de plus pour laquelle il est indispensable d’entrer au plus vite en grève générale illimitée dont l’unique revendication pourrait être celle-ci :

Le futur est à NOUS !

Pour construire ce futur nous devons provoquer la résurrection des idées qui ont toujours porté l’humanité, à travers les âges, lorsque la concentration des pouvoirs et des richesses devenait insoutenable, injustifiable. Ces idées ont pris ailleurs d'autres noms et formes, mais puisque nous sommes en France, on dira qu’elles ont été formulées pour nous en trois mots par ceux qui nous ont précédé : Liberté, Egalité, Fraternité. 

Mais enfouies au cœur du cadavre ambulant que forme le présent que nous habitons, ces idées figées ne servent à rien. L’Etat ne défend pas la liberté quand il réprime et mutile ici tout en bombardant là-bas, ni quand il fait la fortune de ses marchands d’armes et des multinationales. Il n’est plus le garant de la prospérité et de l’égalité quand il ne légifère plus qu’en faveur d’une seule classe toujours plus gâtée et reprend le peu de bien-être acquis durant les luttes passées. Il ne reconnaît pas la fraternité quand il nous refuse le droit d’exister autrement que par l’économie, quand il remplace nos liens par des marchés, quand il empêche et condamne la solidarité. 

Liberté, Egalité, Fraternité. Nous devons d'abord réaffirmer le pouvoir de destruction de ces idées car elles sont dans la bataille en cours nos meilleures armes contre le népotisme et les privilèges. Mais nous devons aussi leur rendre leur pouvoir de création pour qu’elles portent à nouveau la dignité, l’empathie et la coopération en modèle de société et remplacent enfin l’exploitation, la concurrence et la représentation. Ces idées peuvent défaire/refaire les institutions perverties, elles doivent être le commun de tous nos projets démocratiques, sociaux, environnementaux, et juridiques, de tous les avenirs que nous devons maintenant envisager. 

Tout n’est pas à construire tout doit être repensé. 

Cet accaparement de richesse et de pouvoir, comme ce que nous devons faire pour y mettre un terme, forment le refrain de l’Histoire. La seule nouveauté de notre situation réside dans l’étendue du problème et dans l’urgence à laquelle nous sommes confrontés. La question n’est déjà plus uniquement celle de l’Etat mais celle de toutes les institutions nationales comme internationales. Partout devant nous se dressent ces choses auxquelles d’autres ont conféré une forme, des pouvoirs et une charge symbolique. Elles ont traversé le temps mais il apparaît désormais évident qu’elles ont été récupérées de longue date et mises au service du capital et de ses tenants politiques, ici comme ailleurs. Toutes ces institutions doivent donc être prises. Et si nous ne savons pas quelles formes les nôtres prendront, nous savons quelles idées elles porteront et quels seront leurs pouvoirs : ceux que NOUS leurs donnerons pour NOUS servir. 

Rien de ce que nous devons entreprendre n’a été fait à une telle échelle, dans un tel moment. Méfions-nous de ceux qui savent trop bien et se portent bien vite volontaire pour implémenter des programmes loin d’être en prise avec la réalité. Ceux qui s’engagent et s’organisent maintenant doivent viser explicitement, dans NOTRE victoire, leur propre fin en tant qu’organisation séparée. 

Tous les soutiens ne sont pas bons à prendre et chaque récupération est un coup de poignard.

Si nous devons garder à l’esprit que nos idées peuvent appartenir à tous, TOUS ! Elles doivent aussi nous permettre de faire un ménage indispensable dans nos rangs.

Quand les pouvoirs médiatiques et politiques nous divisent en fonction de nos revendications, en fonction de notre degré d'indigence économique ou culturelle, nous perdons. Mais c’est quand nous laissons certains énoncer des balivernes ou défendre des idées nauséabondes en notre nom que la plus grande division s'installe et que nous perdons l’essentiel, c’est à dire notre capacité à rassembler. 

Le mouvement actuel est à cet égard encore trop opaque, manquant d’une base commune irréductible dans laquelle la frange d’extrême droite, hétéroclite mais toute entière à vomir (identitaires, fascistes, royalistes, etc.), serait définitivement insoluble. Au moment où le petit jeu des néolibéraux ne tient tout simplement plus, taclé par leur bêtise et/ou leur aveuglement, ces partisans des anciens ordres veulent jouer les pauvres contre les pauvres et les peuples les uns contres les autres. Cette minorité de tarés empêche de nous rejoindre toutes celles et ceux qui savent bien que leurs problèmes ne viennent pas des étrangers ou de l’un ou l’autre banquier d’affaire sulfureux, et qu’il est au contraire question de reconquérir tout ce que le décile le plus fortuné de chaque société s’est lentement appropriée dans un mouvement historique à la faveur duquel il a fini par squatter l’économie, l’état, la justice, la société, la nature, notre quotidien, nos loisirs, nos vies.     


( Le saviez-vous ?Certains fanatiques d’extrême-droite se prennent pour des croisés et inscrivent parfois des cris de ralliement comme ‘Deus Vult’ sur leurs gilets. Ceux-là comme d’autres doivent être chassés de nos rassemblements. )

C’est en réaffirmant à chaque instant que nous sommes guidés par les idéaux qui il a y des siècles ont fait ressurgir la question démocratique dans l’Histoire, que chacun se rendra compte que nous avons aussi pour objectif de mettre fin à la paranoïa, au rejet et à la haine que certains aimeraient voir prendre pied dans la société et dans notre soulèvement pour l’utiliser à leurs fins. Le Gilet Jaune doit être le symbole d’une lutte des faibles contre les forts, des peuples contre les hommes, les entreprises, les institutions et les structures qui les enchainent et détruisent jusqu’à leurs habitats. Il ne peut être porté que par celui ou celle qui défend ces idées pour le futur de l’humanité toute entière.

Le reste des Français et d’autres ailleurs de par le monde ne nous suivront pas tant qu’ils penseront que nous ne nous battons pas pour eux. Ils ne viendront pas tant qu’ils croiront que bosser d’arrache pied à acheter leur vie, quitte à travailler à notre perte à tous, reste encore leur meilleure chance de mettre leurs enfants à l’abri.

Ils ne nous rejoindront qu’une fois certains que nous sommes de bonne compagnie, que nous réclamons bien un avenir pour nous tous, et que nos outils pour le construire sont les bons.

POUR LA JUSTICE SOCIALE, FISCALE ET ENVIRONNEMENTALE

POUR LA LIBERTE, L’EGALITE ET LA FRATERNITE 

POUR UN FUTUR POUR NOUS TOUS !

02.19

#4 : 







 
IDEM VELLE AC IDEM NOLLE AC TANDEM VERA AMICITIA EST